Pourquoi « Grand Val » ?
« Grand Val » ou grande vallée évoque une vasque de terre cachée entre des collines boisées. Ce nom médiéval évoque la fraîcheur de la vallée où l’on s’abreuve. Il a le mérite d’être vrai, d’avoir traversé les siècles en gardant toute sa puissance créatrice et de correspondre à l’idée de libre esprit qui nous anime. Son ru, le Morbras semble jaillir d’une fontaine de féerie, doucement bruyant, il se verse de vasques en vasques, autant de coupes où chacun trouvera ce qu’il a besoin de boire. L’eau, élément indispensable à la vie est un symbole fort du principe humide, le pouvoir passif de la génération. Cette eau correspond à la matière indépendante des formes et des aspects qu’elle est susceptible de revêtir. En renferme en elle-même toutes les possibilités de formation et de transformation, sans qu’aucun arbitraire ne détermine ses formes ou ses modifications. Cet élément qui coule toujours sans jamais s’arrêter de couler, qui est toujours en mouvement, qui est essentiellement en mouvement, qui métamorphose sans cesse la substance de l’être, signifie le devenir – devenir des choses et des êtres. C’est une sorte de vertige perpétuel, en perpétuel changement, en devenir continu. En ce sens, l’eau symbolise la vie sous toutes ses formes : elle est le symbole de l’esprit et, par au-delà, elle s’oppose au figé, à l’inerte, à ce qui meurt. C’est par la purification par l’eau que l’initié, comme pour un baptême, peut espérer passer de la vie sensuelle à la vie spirituelle. Ce qui prouve bien que c’est en travaillant, que l’on progresse et que l’on découvre le sens vrai des choses. Il sortira de l’eau pleinement homme quand il aura abandonné tout ce qui est inférieur. Lorsqu’il aura sacrifié son égoïsme, il se rapprochera de plus en plus du divin, en se rapprochant de l’Initié. Le sentiment de l’amour universel se développera en lui.
Si toutes les lettres d’un nom sont invisiblement pénétrées d’un principe de vie, nous pourrions espérer que ce nom existant bien avant nous, a conservé sa force et permettra un rayonnement des idées qu’il renferme. Le nombre des lettres de « Grand-Val » est en harmonie avec son symbolisme, puisqu’il évoque le nombre huit.
Comme l’eau, il est passif, féminin. Il donne le sens de l’éternité et signifie la perfection. La vérité est pareille à l’eau qui prend la forme du vase qui la contient, la recherche de cette perfection obligera à l’initié à travailler continuellement sur lui-même.
Si vous associez intimement l’eau et « Grand-Val », comment ne pas être émerveillés par la valeur symbolique que prend alors notre Loge ? Quand les fondateurs avaient décidé d’appeler cette Loge « Grand-Val », ils ignoraient complètement son sens symbolique et ne savaient pas qu’elle deviendrait une sorte de locomotive.
Ce qui prouve bien que c’est en travaillant et en progressant que l’on découvre le sens vrai des choses et des hommes. Rien n’est jamais révélé d’avance, ni définitif. Alors ?
« Grand-Val », à l’image de l’eau, nous offre donc autant de possibilité de formation ou de transformation, si vous savez être les coupes où chacun trouvera ce qu’il a besoin. Mais vous ne serez jamais assujettis à un dogme quelconque, car c’est vous qui remplirez ou viderez votre coupe, selon votre désir et votre liberté et « Grand-Val », à l’image de l’eau, continuera son cours, à la recherche d’autres vasques avant de recommencer son cycle.
Plus tard, un frère, Gaston T, en écrivant un livre, nous proposait un autre sens symbolique aux hasards de l’histoire :
Sucy-en-Brie était au XIIe siècle, sur le chemin de Paris à Troyes. Pas très loin du château de Sucy (XVIIe siècle) les Templiers avaient construit un relais. De part et d’autre de la vallée s’étendaient deux forêts : au sud-est la forêt Notre-Dame, qui existe toujours et à l’ouest la forêt de Sénart dont les limites ont été contraintes de reculer par l’urbanisation. L’activité principale de ce village, qui en faisait sa réputation était une « taillanderie », c’est-à-dire la fabrication des outils destinés à tailler le bois ou la pierre tendre. La seconde industrie était le charronnage, fabrication de charrettes, carrosses et surtout de roues. Sur place, ils trouvaient les bois de frêne, chêne, hêtre, acacia, orme, etc. et les outils : haches, becs d’ânes, gouges, chasses, planes, etc.
Notre Frère Léon B ne s’y est pas trompé, le maçon opératif qui est représenté sur le sceau de la Loge qu’il a réalisé, porte sur son épaule une « hache à pierre ». La Loge « Grand Val » est bien située, elle reste dans la voie de la Tradition maçonnique.
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